Tel est le cri de ralliement de plus en plus de Français qui trouvent dans la country music attitude matière à nourrir leurs aspirations : liberté individuelle made in America ; lien social que garantit le partage d’une identité culturelle choisie et les réjouissances populaires qui en découlent.
D’année en année, spécialistes d’abord, non-spécialistes ensuite, observent l’irrésistible développement de la passion country dans l’Hexagone. En Octobre dernier, c’est rien moins que le célébrissime National Géographic qui rapportait, dans son édition française, que la country attitude était devenue en France une « manière de vivre libre et rebelle ». Et précisait que les festivals country avec concerts et line dance comblaient le vide laissé par les bals à papa en répondant au séculaire besoin populaire de festivités sociales. De là à dire que cette culture qui nous (re)vient d’Amérique renoue les « fils d’une convivialité perdue » et la boucle sera bouclée.
Révolte emprunte de convention donc. N’importe les explications ! La vague est devenu raz de marrée et les fans ont désormais l’embarras du choix chaque week-end pour vivre leur passion. Il n’est pour s’en convaincre que de consulter l’agenda du site www.country-France.fr qui recense toutes les manifestations qui rythment les soirées de France… à l’américaine.
Un journal (DreamWest), des dizaines de sites internet, des radios amplifient toujours plus fort l’écho de la country. Une cinquantaine de festivals, 30 000 membres permanents dans 600 clubs country, 2 500 soirées aux six coins du pays qui drainent 500 000 fans chaque année… Toujours plus de musiciens, de groupes, de jeunes, de fans… Il semble que cette fois la greffe ait bien pris.
Les pionniers du genre qui, dans les années 80 et 90, lancèrent, téméraires, des pavés dans la marre, les organisateurs de Craponne sur Arzon, de Mirande, de Saint-Agrève, doivent, comme toujours en pareil cas, hésiter entre joie et crainte.
Joie d’avoir initié un mouvement qui a trouvé son public. Crainte que le succès dénature les exigences des passionnés. Celui qui doit tout sculpter dans la glaise de l’inconnu a tout à gagner à triompher de mille périls. Celui qui doit défendre ce qu’il a réussi a tout à perdre. Le premier est fort et libre. Le second est inquiet et fragile. Et puis il y a les opportunistes…
On trouve sur le site www.equiblues.fr un avertissement intéressant. Il est signé d’un musicien helvète qui a connu et accompagné la flambée (et le retour de flamme) de la vogue country en Suisse. Pour que le mouvement continue de s’amplifie, sans doute convient-il de respecter quelques règles, mais aussi, mais surtout, le public. A chacun de méditer les enseignements de nos voisins.
Pour l’heure, dans l’ignorance des bilans économiques de l’ensemble des organisateurs de spectacles, nous pouvons nous réjouir de voir fleurir mille et une affiches…
En toute hypothèse les trois locomotives, souvent imitées, jamais dépassées, donnent toujours le tempo.
Craponne sur Arzon (42) fête en 2007 son vingtième anniversaire. Plus de 30 000 inconditionnels, vont apprécier une nouvelle fois, un programme riche, varié, pointu comme aime à en afficher Georges Carrier. http://www.festivaldecraponne.com
Mirande (32), « Mecque de la country » qu’ils disent, (drôle d’expression, non ?), qui mobilise 150 000 personnes n’a pas son pareil. Cette année, la famille Ewing de Dallas est attendue, presque au grand complet. www.country-musique.com
Saint-Agrève (07) avec une formule originale signée Philippe Lafont, combine astucieusement concerts country et épreuves de rodéo ou d’équitation western. Les Equiblues offrent à plus de 20 000 américanophiles, l’opportunité de passer cinq jours comme dans l’Ouest sur un plateau sylvestre qui rappelle étrangement le Montana. www.equiblues.fr
Dans leur sillage, on a vu arriver en 2006, le Paris Country Festival rebaptisé Festival des Loisirs Américains. Implanté en lisière de la capitale, donc sur un potentiel de millions de spectateurs, il devrait monter en puissance et devenir à son tour un must. Nous ne pouvons que nous réjouir de l’irrésistible développement de la country. Souhaitons simplement que nos compatriotes ne se contenteront pas de la consommer mais s’appliqueront à découvrir ses racines, son histoire, ses courants, ses artistes…
A noter que l’association bretonne West Rennes Country organise à l’automne des concerts avec des pointures américaines : Todd Fritsch et Dale Watson. Et que les villes de Tours et de Chartres (28), c’est nouveau, lancent cet été deux nouveaux Festivals.
B.NO
A suivre notre sélection…
Mai > 11 et 12 à Disney Village (77) : Country Western Festival
Mai > 26/27/28 à Saint-Cloud (92) : Festival des Loisirs Américains
Juin > 0/2/3 à Cambrai (59) : American Journeys
Juin > 29/30/01 à Berck sur Mer (62) Festival
Juillet > 6/7/8 à Tours (37) Festival. Nouveau.
Juillet > 11/12/13/15/15 à Mirande (32) : Festival
Juillet > ? Phare Ouest à Painpont (35)
Juillet > 27/28/19 à Craponne sur Arzon (42) : Festival (20eme édition)
Août > 11/12/13/14/15 à Bain de Bretagne (35) : West Country
Août > 15/16/17/18/19 ) à Saint Agreve (07) Equiblues
Sept. > 23 à Rennes (35) Concert de Todd Fritsch
Octobre > 7 à Rennes (35) Concert de Dale Watson
Voir www.westrennescountry.fr
© Amerique Magazine Mai 2007











Commentaires